Médiation numérique

L’éducation nationale à l’heure du numérique

Des Fablabs aux bancs de l’école

Situation catastrophique

A l’heure du tout numérique, les gouvernements successifs essaient de combler le retard important pris par l’éducation nationale. La volonté est là mais pas les finances! Depuis des années, on pille les caisses de l’état, ce qui nous a conduit à la situation catastrophique que nous connaissons aujourd’hui. Faute de pouvoir redresser la barre, les gouvernements ferment les robinets. L’éducation nationale en est une des victimes.

Le gouvernement Hollande lance le plan numérique

En 2013, le gouvernement Hollande dresse un constat et lance le programme ambitieux du plan numérique.
La volonté est de combler le retard pris par la France en terme de développement numérique.

Les grands axes sont définis:

  • On lance une réflexion qui conduira à la charte de la médiation numérique pour combler les lacunes auprès des anciennes générations et lutter contre les ruptures numériques.
  • On charge le ministère de l’éducation nationale de proposer des solutions pour améliorer l’introduction du numérique dans les écoles.
  • On lance le projet French Tech fin 2013

A la fin du quinquennat, qu’en est-il ?

Les actions menées commencent à porter leurs fruits mais l’éducation nationale traîne la patte.
“Annoncé le 7 mai 2015, le plan numérique est déployé progressivement depuis la rentrée 2015 pour que la jeunesse soit de plain-pied dans le monde numérique. 1256 écoles et 1510 collèges au moins seront équipés en tablettes à la rentrée 2016. C’est près d’un quart des collèges qui rejoignent donc le plan numérique. Plus de 175000 élèves seront dotés de tablettes numériques, cofinancées par l’Etat et par les collectivités territoriales.”
voir source: gouvernement.fr

Le bilan

Malheureusement, et malgré la volonté de voir progresser l’intégration des outils numériques en milieu scolaire, la demande est si importante que le déploiement devra s’étaler sur des années, continuant à creuser le fossé de l’inégalité sociale.
L’investissement dans le numérique n’est pris en charge que partiellement par l’Etat, les collectivités territoriales devant financer le reste.
Toutes les régions n’ont pas les mêmes moyens et le nouveau découpage régional ne lissera pas les décalages parfois importants.
On imagine très bien que les régions regroupant de grandes métropoles performantes pourront davantage financer ce déploiement.

Résultat

Si le mammouth (terme employé par Monsieur Claude ALLEGRE ) traîne la patte, on voit certains enseignants se battre souvent isolément mais parfois en groupes organisés.
Voir en Bretagne l’initiative PROFLAB qui propose de repenser le système éducatif en intégrant massivement les doctrines développées dans le milieu FabLab:
“Le Proflab est une méthodologie de travail visant très concrètement à favoriser le développement d’une nouvelle coopération spécifique à l’école et capable de partager, de discuter, de propager, de prototyper et de renforcer les différentes coopérations et innovations déjà existantes…”

Du FabLab dans les écoles

L’éducation nationale n’ayant pas les moyens de ses ambitions, on voit donc que la révolution numérique vient de sa base, et quand la base commence à bouger…
Les exemples:
Usages de Scratch en mathématiques : quand programmation et calculs ne font plus qu’un ! (source Ludovia Magazine que je remercie)
Arduino au collège Victor Duruy (Fontenay Sous Bois – 94) (source extrait reportage ARTE – Arduino, tout faire – Futurmag)

Les moyens mis en oeuvre sont-ils suffisants ?

Les propositions individuelles se multiplient encouragées par les académies mais elles sont encore trop marginales et soumisent à l’engagement personnel des professeurs. Bien souvent les propositions “officielles” ne prennent que la forme d’ateliers périphériques souvent partenaires de structures établies telles que les médiathèques.

Une formation insuffisante

Pour intégrer le numérique en milieu scolaire, il ne suffit pas de fournir des tablettes tactiles. La formation du corps enseignant est largement insuffisante pour relever le défis des nouvelles technologies. D’ailleurs, on le voit, les propositions si elles sont individuelles montrent bien qu’elles sont le fruit d’un travail personnel. Pour réaliser le grand projet du “plan numérique” lancé par le gouvernement Hollande, il faut impérativement inclure fortement le numérique dans la formation des enseignants. Et le numérique ne s’arrête pas à la simple utilisation d’une tablette, d’un smartphone ou autre ordinateur.
Les enjeux sont énormes et l’appropriation des technologies numériques ne se fera que par un engagement personnel. Il faut intégrer pour cela, dans la chaîne éducative, tous les partenaires évoluant dans la sphère numérique, aussi bien les Fablabs que les tiers-lieux et autres structures.

Quel avenir ?

Malgré les constats et la bonne volonté, quatre ans après le lancement du plan numérique, on voit que la route sera longue. Les projets sont lancés dans l’urgence et parfois sans vraiment de réflexion. On voit fleurir un peu partout des structures plus ou moins sérieuses mais aucune autorité pour les contrôler ou les labelliser. Les organismes officiels comme la MedNum sont souvent aux abonnés absents et quand on cherche à contacter des “référents” on a du mal à les identifier.
Le problème est profond, il faudra du temps pour que tout se mette en place et vu que la plupart des structures sont associatives et donc assujetties aux subventions et règles qui les permettent, l’ensemble ne tient que par une fine ficelle très fragile.

Quelques sources

Le numérique, les apprentissages et la réussite des tous les élèves
extrait: “Alors que nous sommes le 2ème pays au monde pour l’équipement de notre administration, la France est en retard en matière de numérique à l’école : 8ème rang européen pour l’équipement de ses établissements secondaires, au 12ème rang européen pour ses écoles et au 24ème rang pour ce qui est de l’accès à l’outil numérique et sa maîtrise dans un contexte pédagogique.”

Contre l’invasion numérique à l’école
extrait: “On nous encourage à scotcher nos élèves aux écrans durant les seuls moments où ils y échappent encore, et cela sous le prétexte de les éduquer aux médias. Et finalement, pourquoi ne pas renoncer à enseigner en feignant de croire qu’une connexion internet suffit pour s’approprier un savoir réel ?”

Le plan numérique pour l’éducation
extrait: “une formation de trois jours par an dédiée au numérique à destination des enseignants et chefs d’établissement de collège des formations mises en place au niveau de l’établissement pour une meilleure prise en main des outils numériques. Des formations à distance pour tous les enseignants et les professeurs stagiaires via la plateforme de formation M@gistère. Le développement de cours en ligne (Moocs) pour les enseignants et les professeurs stagiaires sur le portail France université numérique (FUN-Mooc).”

 

Jean-Michel LEGER

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